Strattera
Strattera est un médicament non stimulant indiqué chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte atteints de TDAH. Son principe actif est l’atomoxétine, qui agit en augmentant la norépinéphrine dans le cerveau pour améliorer l’attention et réduire l’impulsivité.
Qu’est-ce que ce médicament
Le Strattera, dont le principe actif est l’atomoxétine, est un médicament non stimulant utilisé pour traiter le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez les enfants, adolescents et adultes. Il agit en augmentant la norépinéphrine dans le cerveau pour améliorer la concentration et réduire l’impulsivité.
Composition et principes actifs
Strattera contient de l’atomoxétine comme substance active. Il s’agit de gélules à prendre par voie orale.
Mode d’administration
La posologie de Strattera est personnalisée. Elle dépend de l’âge, du poids, de la tolérance et des objectifs (école, travail, impulsivité, agitation). En France, l’ajustement se fait classiquement par paliers, après quelques jours à quelques semaines, pour limiter les effets indésirables et trouver la dose qui apporte un vrai gain fonctionnel.
Trois repères aident souvent à choisir le moment de prise :
- Si Strattera stimule un peu et gêne l’endormissement, la prise le matin est souvent préférable.
- Si Strattera donne de la somnolence ou une sensation de “brouillard” en journée, une prise plus tardive peut être discutée.
- Si des nausées apparaissent, la prise avec un encas est souvent utile.
Posologie initiale et ajustements
En consultation, les prescripteurs démarrent souvent bas, puis augmentent graduellement selon la réponse sur l’inattention et l’impulsivité, et selon la tolérance (appétit, sommeil, fréquence cardiaque). Les échelles de symptômes (dont l’ADHD-RS) servent parfois de repère pour objectiver l’évolution, surtout chez l’enfant. [1]
Moment de prise : matin ou soir
Le choix “matin ou soir” n’est pas un détail. Les patients qui ressentent une baisse d’appétit en journée préfèrent parfois le matin pour éviter de grignoter le soir, alors que d’autres choisissent un horaire qui limite la somnolence pendant les cours ou les réunions.
La prise le soir peut aider certains patients quand la somnolence est marquée au début. À l’inverse, si des réveils nocturnes apparaissent, un retour à une prise matinale règle souvent le problème.
Un élément concret souvent oublié : la cohérence de l’horaire compte plus que l’horaire exact. Garder une routine stable rend l’effet plus lisible.
Mécanisme d’action
- Voie d’administration : orale, sous forme de gélules.
- Posologie : la dose est exprimée en mg et doit être ajustée par le médecin selon l’âge et le poids.
- Fréquence : prise 1 fois par jour, ou en 2 prises par jour si cela est prescrit.
- Moment de prise : avec ou sans repas, le matin ou répartie matin et fin d’après-midi selon l’ordonnance.
- Durée : traitement continu pendant la période prescrite, sans arrêt brutal sans avis médical.
Indications thérapeutiques
Strattera est un traitement du TDAH chez les enfants, adolescents et adultes. Il est particulièrement utile quand on recherche une option non stimulante pour améliorer l’attention, diminuer l’impulsivité et réduire l’hyperactivité.
Comparaison
Strattera est un traitement non stimulant. Adderall, Ritalin, Vyvanse, Concerta et Focalin sont des traitements stimulants (psychostimulants), avec un début d’action souvent plus rapide et une cinétique différente.
| Option | Type | À retenir |
|---|---|---|
| Strattera (atomoxétine) | Non-stimulant ADHD drug | Délai plus long, pas de potentiel d’abus, utile si anxiété/tics/risque d’usage problématique |
| Stimulants (Adderall, Ritalin, Vyvanse, Concerta, Focalin) | Stimulant medication | Début souvent plus rapide, risque d’insomnie et baisse d’appétit plus fréquents, encadrement plus strict |
Côté tolérance, Strattera ne provoque pas “beaucoup des effets classiques des psychostimulants” chez certains patients (rebond en fin de journée, sensation de nervosité “accélérée”), mais il peut donner davantage de nausées ou de fatigue au démarrage. Le choix se fait souvent sur la balance symptômes/effets indésirables, la présence de comorbidités, l’historique familial et l’objectif principal (inattention vs impulsivité). Le délai d’action plus long de Strattera est sa limite principale pour les personnes qui ont besoin d’un effet rapide et net.
Contre-indications
- Traitement en cours par IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) ou utilisation récente d’un IMAO.
- Glaucome à angle fermé.
- Antécédents de réactions allergiques à l’atomoxétine.
- Maladie cardiovasculaire significative, troubles du rythme, hypertension non contrôlée.
- Antécédents d’atteinte hépatique nécessitant une vigilance renforcée.
- Troubles psychiatriques avec risque suicidaire, surtout au début du traitement et lors des changements de dose.
- Inhibiteurs puissants du CYP2D6 (ex. certains antidépresseurs comme la fluoxétine) et médicaments qui accélèrent le rythme cardiaque ou augmentent la tension, à signaler au prescripteur.
Non recommandé pour
Strattera n’est pas adapté si vous prenez ou avez pris récemment un IMAO, si vous avez un glaucome à angle fermé, une allergie à l’atomoxétine, ou un problème cardiaque important. Il faut aussi être prudent en cas de tension élevée non contrôlée, d’antécédent de foie fragile, ou si vous prenez un traitement comme la fluoxétine qui peut augmenter l’exposition au médicament.
Effets indésirables possibles
Les effets indésirables les plus rapportés avec Strattera concernent le système digestif et le système nerveux : nausées, diminution de l’appétit, douleurs abdominales, bouche sèche, somnolence ou insomnie, céphalées. Une augmentation de la fréquence cardiaque ou de la tension artérielle peut aussi survenir, d’où l’intérêt d’un suivi régulier.
Ces effets sont généralement transitoires et se surveillent avec l’équipe soignante.
Strattera peut aussi entraîner une irritabilité ou une anxiété au début, surtout si la dose augmente trop vite. Chez certains adultes, une gêne urinaire (difficulté à uriner, rétention) apparaît et mérite un avis médical rapide, car elle ne s’améliore pas toujours spontanément.
Risques graves
Un risque rare mais sérieux concerne le foie : des atteintes hépatiques ont été rapportées avec l’atomoxétine, avec parfois une jaunisse (ictère), une fatigue inhabituelle marquée, des urines foncées ou des douleurs sous les côtes à droite. Ce tableau impose une évaluation sans délai.
Un autre point de vigilance est le risque accru de suicidal thoughts chez l’enfant et l’adolescent au début du traitement ou lors des changements de dose. Ce signal de sécurité est bien connu et encadré par les autorités de santé ; toute idée suicidaire, agitation majeure ou changement brutal de comportement doit être pris au sérieux. [3]
Erreurs courantes
Certaines erreurs reviennent souvent et expliquent des expériences décevantes.
- Arrêter après une semaine faute d’effet : Strattera n’est pas un “test de deux jours”. Beaucoup de retours positifs arrivent après plusieurs semaines.
- Déplacer l’horaire de prise d’un jour à l’autre : cela perturbe le sommeil et rend l’effet imprévisible.
- Doubler une prise oubliée : cela augmente le risque de nausée, de palpitations, de céphalées et d’irritabilité.
- Interpréter toute nervosité du début comme un échec : une agitation transitoire peut survenir, surtout si l’anxiété est déjà présente.
- Oublier de signaler certains traitements associés : des interactions peuvent amplifier l’atomoxétine, avec plus d’effets indésirables.
Avis des médecins
En pratique clinique, Strattera est souvent choisi quand on cherche une option non stimulante pour le TDAH, ou quand des comorbidités (anxiété, tics, antécédents d’usage problématique de substances) rendent les stimulants moins adaptés. Les médecins apprécient aussi son absence de potentiel d’abus, ce qui simplifie la gestion au long cours chez certains profils.
Les prescripteurs préviennent presque toujours de deux points. Le premier : le délai d’action est plus long que celui d’un stimulant, donc il faut juger l’efficacité sur plusieurs semaines, pas sur deux jours. Le second : les effets indésirables du début (nausée, fatigue, bouche sèche, variation de l’appétit) s’atténuent souvent avec l’ajustement et le temps, mais ils doivent être suivis de près, surtout chez l’enfant et l’adolescent.
La surveillance clinique se concentre souvent sur le sommeil, l’appétit, l’humeur, la fréquence cardiaque et la tension artérielle. L’ANSM et l’EMA insistent sur un suivi régulier de ces paramètres pour les médicaments du TDAH, car le bénéfice dépend autant du choix de la molécule que de la qualité du suivi. [2]
Questions fréquemment posées
L’association du Strattera avec l’alcool
L’association Strattera & Alcohol augmente souvent les troubles du sommeil et peut amplifier la somnolence ou les palpitations, ce qui rend les journées suivantes plus difficiles. Beaucoup de patients constatent aussi que l’alcool relance l’impulsivité, ce qui va à l’encontre du bénéfice recherché. Les documents de référence de l’EMA sur l’atomoxétine décrivent surtout une vigilance sur les effets sur le système nerveux et la conduite à tenir face aux facteurs qui majorent ces effets. Référence : EMA, 2024.
L’usage du Strattera chez les enfants et adolescents
Strattera est utilisé chez l’enfant et l’adolescent avec ADHD, avec un suivi plus serré au début et lors des changements de dose. Le point clé est la surveillance de l’humeur et du comportement, car le signal “suicidal thoughts” est plus surveillé dans cette tranche d’âge. Les recommandations d’information aux patients des autorités de santé européennes détaillent cette vigilance et les signes qui doivent alerter l’entourage. Référence : EMA, 2024.
Quand sait-on si Strattera fonctionne vraiment ?
On juge rarement Strattera sur une seule journée. Un délai de 4 à 6 semaines est souvent nécessaire pour estimer l’effet maximal, avec une amélioration attendue de l’attention, du focus et du contrôle des impulsive behaviors. Les essais cliniques et synthèses disponibles via PubMed soulignent cette montée progressive, différente des stimulants. Référence : PubMed (NIH), 2009.
Le Strattera peut-il modifier la personnalité ?
Des proches peuvent percevoir un changement, car la réduction de l’impulsivité et de l’hyperactivité modifie la manière d’interagir. Quand le ressenti devient “je ne me reconnais pas” ou que l’émotionnel se fige, on pense plutôt à un effet indésirable ou à une dose inadaptée qu’à une transformation durable de la personnalité. L’ANSM rappelle que l’évaluation du bénéfice/risque est individuelle et repose sur l’observation de l’humeur, du sommeil et du fonctionnement quotidien. Référence : ANSM, 2023.
Le Strattera est-il une substance contrôlée et crée-t-il une dépendance ?
Strattera n’est pas classé comme substance contrôlée de type stupéfiant. Il ne présente pas le même potentiel d’abus que beaucoup de stimulant medication utilisés dans le TDAH, ce qui peut guider le choix chez certains patients. La classification et le cadre de prescription s’appuient sur les évaluations réglementaires européennes et sur les données de pharmacovigilance. Référence : EMA, 2024.
Quels signes imposent d’arrêter et de consulter rapidement ?
Une jaunisse, des urines foncées, une douleur sous les côtes à droite ou une fatigue brutale évoquent une atteinte hépatique et justifient une évaluation urgente. Des idées suicidaires, une agitation majeure inhabituelle, ou un changement de comportement brutal doivent aussi être pris au sérieux, surtout chez l’adolescent. Les documents d’information de l’OMS sur la sécurité des médicaments insistent sur la reconnaissance précoce des signaux graves et la déclaration de pharmacovigilance. Référence : WHO, 2022.
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Strattera: Avis et expériences
Les 10 premiers jours, j’ai eu des nausées et une bouche sèche. Vers la 4e semaine, j’ai remarqué que je terminais mes tâches au travail sans repartir sur cinq sujets.
Au collège, j’étais moins impulsif en classe. Le point pénible a été l’appétit : je déjeunais moins. On a décalé la prise avec un petit encas et c’était mieux.
Je m’attendais à sentir un effet tout de suite. J’ai surtout eu de la fatigue l’après-midi et un sommeil léger. J’ai arrêté trop vite, avec le recul j’aurais dû attendre et revoir la dose avec le médecin.
Moins de procrastination, plus de constance. J’ai eu des palpitations deux ou trois fois après un café serré + soirée arrosée, et j’ai compris que l’alcool me faisait partir en vrille niveau sommeil.